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Under the patronage of

INTRODUCTION

by Adelina von Fürstenberg, Curator of AQUA

 

Continuing its mission to raise awareness on essential issues of our times through contemporary art, the new art project of ART for The World, is AQUA, an exhibition focusing on water and its importance to human beings, fauna and flora. The works of 30 artists deal with issues of the environment, biodiversity, ecosystems, climate change and water preservation as a vital resource. AQUA is a traveling exhibition originating in Geneva, then will be presented at SESC Belenzhino in Sao Paulo, and to other continents in 2018.

 

Conceived to raise public awareness on the notion of interdependence, essential to our environment and to the future of our planet, AQUA emphasizes our collective responsibility towards water in our contemporary society.

 

We know that human activity has a direct impact on natural resources, as well as on animals and plants, with which we share the Earth. Damaged ecosystems, climate change, endangered species, the survival of wildlife in developed areas, etc., push us to question the relationship between humans and other forms of life. Water is essential to life for all living organisms; however, by addressing a broad spectrum of compelling questions, water has become a major global challenge of our contemporary world.

 

Who does water belong to? Is water a private good or a public resource?

 

Recognised as a vital element since the beginning of time in all civilizations, the global economy is now changing the definition of water from a public resource to a marketable commodity. We should remember the citation in Institutiones Justiniani, the law codes ordered by RomanoByzantian emperor Justinian I, "By the law of nature, these elements are common to all mankind: air, fresh water, the sea as well as the seaside."

 

Drinking water is another important issue. With the increase of environmental pollution of water since the industrial age, it has become necessary to support access to clean drinking water as a fundamental right. We, human beings, as well as fauna and flora, depend on water, a vital and essential element. When water is threatened, so too are all other forms of life on Earth.

 

In her reference book Water Wars: Privatization, Pollution and Profit, Vandana Shiva cites the nine core principles of water democratization:

 

1. Water is nature’s gift

2. Water is essential to life

3. Life is interconnected through water

4. Water must be free for sustenance needs

5. Water is limited and exhaustible

6. Water must be conserved

7. Water is a commons

8. No one holds a right to destroy

9. Water cannot be substituted

 

Water has played a fundamental role in the development of the first civilizations and their cities, which spread out alongside major rivers, strategic locations due to of fertility of the soil, the facilitation of transport, and thus became essential for agriculture, fishing and harvesting. This configuration generated a more complex social structure, aimed at managing trade and cultural exchange, as well as potential conflicts linked to resources. Water also ensured the construction and management of systems to provide irrigation and prevent flooding.

 

The awareness that water is essential if life is to flourish is found in every civilization. Water's critical importance has been recognized since the earliest times identified as one of the principle constitutive elements constituting of the universe, and assigned important symbolic and spiritual value. For the Sumerians, for instance, the word “a” meant both “water” and “generation.” In most religions, water became a symbol of rebirth and divine grace.

 

In the exhibition of AQUA, we find a broad spectrum of reflections on water, presented in this publication by the artists themselves; for instance, the question of water's sacredness in the film, L’Eau- Ganga by Velu Viswanadhan, or of drought in One more Garden, One more Circle, an ephemeral installation made of ashes by Maria Tsagkari, or the important issue of endangered animals in the artwork by Eduardo Srur, Hora da Onça Beber Água/ It is time for Jaguar to drink water.

 

Pollution is particularly highlighted in the video installation by Noritoshi Hirakawa, Harukasakura, where the consequences of the Fukushima nuclear catastrophe and the radioactive contamination of its waters which worsen daily. In Superposition by Michel Favre, pollution, on the contrary, was a result of the canalization of the Aire River, in the complex context of the development of the property market and agriculture.

 

It is also relevant to draw attention to the film by Nigol Bezjian on water scarcity in zones of conflict as in Syrian refugees’ camps in Lebanon, or the sculpture Public Private by Stefano Boccalini on the intense ongoing debate of great importance: water is it a public or private good?

 

Geneva, January 2017

INTRODUCTION

par Adelina von Fürstenberg, Commissaire de AQUA

 

Poursuivant sa mission de relier l’art contemporain aux questions essentielles de notre époque, ART for The World a conçu AQUA, une exposition sur l’enjeu de l’eau et ses répercussions sur nous, les humains, la faune et la flore.

Les travaux de 30 artistes contemporains traitent de l’environnement, la biodiversité, les écosystèmes, le changement climatique ainsi que de la préservation de l’eau, en tant que ressource vitale.

AQUA est une exposition itinérante qui, après Genève, sera présentée à SESC Belenzhino à Sao Paulo, pour se poursuivre en 2018 sur d’autres continents. Conçue pour éveiller l’attention du public autour de la notion de l’interdépendance, essentielle à notre environnement et au futur de notre planète, AQUA met en avant la responsabilité de tout un chacun sur les répercussions liées à l’eau dans notre société contemporaine.

Nous savons que l’activité humaine a un impact direct sur les ressources naturelles, tout comme sur les animaux et les plantes, avec lesquels nous partageons la Terre. Les écosystèmes ravagés, le changement climatique, les espèces en voie d’extinction, la survie de la faune et de la flore dans les zones en développement etc., nous poussent à questionner la relation entre les hommes et les autres formes de vie.

L’eau est essentielle à la vie de tous les êtres, mais aujourd’hui, en soulevant un large spectre des questionnements urgents, l’eau devient une des problématiques globales majeures du monde contemporain.

A qui appartient l’eau? L’eau est-elle une propriété privée ou un bien public?

Reconnue comme un élément vital essentiel depuis le début des temps dans toutes le civilisations, l’économie globale est en train de changer la définition de l’eau d’un bien public à une marchandise commercialisable. Pourtant déjà dans Institutiones Justiniani, le manuel des droits de l’Empereur Justinien, contenant les éléments de la législation romano-byzantine, il est inscrit « par la loi de la nature ces éléments sont communs à toute l’humanité : l’air, l’eau douce, la mer ainsi que les bords de mer »

L’eau potable est une autre question majeure, car avec l'aggravation de la pollution de l’eau liée à l'âge industriel, il est devenu nécessaire de soutenir le droit à l'eau potable comme un droit fondamental. Nous, être humains, tout comme la faune et la flore, sommes tributaires de l’Eau, élément vital et essentiel. Lorsque l’eau est menacée, toutes les formes de vie sur Terre le sont également.

Dans son incontournable livre Water Wars: Privatization, Pollution and Profit, Vandana Shiva cite les neufs principes de la démocratisation de l’eau :

1. l’eau est un don de la nature

2. l’eau est essentielle à la vie

3. la vie est interconnectée à travers l'eau

4. l'eau doit être gratuite pour les besoins de subsistance 5. l'eau est limitée et est sujette à l'épuisement

6. l’eau doit être conservée

7. l’eau est un bien commun

8. personne n’a le droit de la détruire

9. l'eau n’est pas remplaçable.

L’eau a joué un rôle fondamental dans le développement des premières civilisations et leurs cités qui s’étendaient le long des grands fleuves, emplacements stratégiques de par la fertilité des sols, la facilitation des transports et indispensables pour l’agriculture, la pêche et l’élevage. Cette configuration a engendré nécessairement une organisation sociale plus complexe, afin de gérer les échanges commerciaux et culturels ainsi que les conflits éventuels liés aux ressources ; par ailleurs elle a assuré la construction et la manutention des systèmes d’irrigation ainsi que la prévention des inondations.

Le caractère indispensable de l’eau pour le fleurissement de la vie se retrouve dans toutes les civilisations. L’homme lui a reconnu, depuis les temps les plus anciens, une importance cruciale, l’identifiant comme l’un des principaux éléments constitutifs de l’univers, lui attribuant une profonde valeur symbolique et spirituelle. En sumérien par exemple, « a » signifie aussi bien « l’eau » que « la génération ». Dans une majorité de religions, l’eau est le symbole de renouveau et de la bénédiction divine.

Dans l’exposition on peut voir un large spectre de réflexions sur l’eau, commentées dans cette publication par les artistes mêmes, comme par exemple, la question de la sacralité dans le film L’Eau - Ganga de Velu Viswanadhan, ou celle de la sécheresse dans One more Garden, One more Circle, une installation éphémère entièrement faite de cendre de Maria Tsagkari, ou encore l’importante question des animaux menacés d’extinction comme dans l’œuvre d’Eduardo Srur Hora da Onça Beber Água/ Il est temps pour les Jaguars de boire de l’eau.

La pollution est particulièrement mise en relief dans l’installation vidéo de Noritoshi Hirakawa, Harukasakura, sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima et la contamination radioactive des eaux qui empirent de jour en jour. Dans Superposition de Michel Favre la pollution, par contre, est due à la canalisation de la rivière de l’Aire, dans un contexte foncier et agricole complexe et très influent.

Il faudrait aussi souligner le film de Nigol Bezjian sur la pénurie d’eau dans les zones de conflits comme dans un camps de réfugiés syriens au Liban, ou la sculpture Public Private de Stefano Boccalini sur ce débat brûlant et de grande actualité : l’eau, un bien public ou une propriété privée?

Genève, janvier 2017